Ostéoporose : définition et épidémiologie en France (données CNAM, HAS)
L’ostéoporose est une maladie osseuse métabolique caractérisée par une diminution de la densité minérale osseuse et une détérioration de la microarchitecture du tissu osseux. Cette combinaison rend les os plus fragiles et augmente considérablement le risque de fractures, même lors de traumatismes mineurs ou de chutes de faible hauteur. En France, l’ostéoporose représente un véritable enjeu de santé publique, notamment en raison du vieillissement de la population.
Selon les données les plus récentes de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) et de la Haute Autorité de Santé (HAS) publiées en 2024, l’ostéoporose touche environ 3,5 millions de femmes en France, principalement après la ménopause. Chez les hommes, la prévalence est moins élevée mais largement sous-estimée, avec environ 700 000 hommes concernés. On dénombre en France quelque 500 000 fractures ostéoporotiques par an, dont 70 000 fractures de hanche, 60 000 fractures de l’extrémité inférieure du radius (poignet) et plus de 100 000 fractures vertébrales symptomatiques. Le coût direct de ces fractures est évalué à plus d’un milliard d’euros annuels.
La mesure de la densité osseuse par ostéodensitométrie DXA (absorptiométrie biphotonique à rayons X) permet d’obtenir le score T, qui compare la densité du patient à celle d’un adulte jeune en bonne santé. Un score T supérieur à -1 correspond à une densité normale. Entre -1 et -2,5, on parle d’ostéopénie. En dessous de -2,5, le diagnostic d’ostéoporose est posé. L’INSERM estime que la moitié des femmes de plus de 50 ans présente une ostéopénie, et qu’une femme sur trois développera une ostéoporose avérée au cours de sa vie.
Les facteurs de risque : ménopause, âge, corticoïdes, tabac, sédentarité
L’identification des facteurs de risque est cruciale pour cibler les personnes qui bénéficieront le plus du dépistage et d’une prise en charge précoce. La ménopause constitue le principal facteur de risque chez la femme. En effet, la chute brutale des taux d’œstrogènes entraîne une augmentation significative de la résorption osseuse : les ostéoclastes, cellules responsables de la destruction du tissu osseux, deviennent hyperactifs alors que l’activité des ostéoblastes, qui fabriquent l’os, reste stable ou diminue. La perte osseuse est particulièrement rapide dans les cinq à dix ans qui suivent la ménopause, pouvant atteindre deux à cinq pour cent de la masse osseuse par an.
L’âge est un facteur de risque indépendant. À partir de 65-70 ans, la production de vitamine D cutanée diminue, l’absorption intestinale du calcium s’altère, et le remodelage osseux devient déséquilibré au profit de la résorption. La corticothérapie au long cours — notamment pour les maladies inflammatoires chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde, l’asthme sévère ou les maladies inflammatoires intestinales — est la principale cause d’ostéoporose secondaire. La HAS rappelle qu’une corticothérapie à une dose supérieure à 7,5 mg d’équivalent prednisone par jour pendant plus de trois mois justifie à elle seule une ostéodensitométrie de dépistage.
Parmi les autres facteurs documentés, on retrouve un indice de masse corporelle inférieur à 19 kg/m² (maigreur constitutionnelle ou dénutrition), le tabagisme actif qui perturbe le métabolisme des œstrogènes, la consommation excessive d’alcool (plus de deux verres par jour), les antécédents familiaux de fracture du col du fémur, une première fracture à partir de 40 ans sans traumatisme majeur, la sédentarité prolongée, et les carences en vitamine D et en calcium. L’INSERM souligne également le rôle des carences en protéines alimentaires, souvent présentes chez les personnes âgées dénutries, dans l’aggravation de la fragilité osseuse.
Comment diagnostique-t-on l’ostéoporose ? (ostéodensitométrie, score T)
Le diagnostic repose en première intention sur l’ostéodensitométrie par méthode DXA, examen de référence recommandé par la HAS. Cet examen mesure la densité minérale osseuse à deux sites anatomiques prioritaires : le col du fémur (hanche) et le rachis lombaire (vertèbres L1 à L4). L’irradiation est très faible — environ un dixième de la dose d’une radiographie pulmonaire — et l’examen dure quinze à vingt minutes. Le résultat principal est le score T, exprimé en déviations standard par rapport à la valeur de référence d’un adulte jeune de même sexe.
L’interprétation standardisée de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est la suivante : un score T supérieur à -1 indique une densité osseuse normale ; entre -1 et -2,5, on parle d’ostéopénie, état de fragilité intermédiaire nécessitant surveillance et mesures préventives ; à -2,5 ou en dessous, le diagnostic d’ostéoporose est confirmé. L’ostéoporose est dite « sévère » ou « établie » lorsqu’elle s’accompagne d’une ou plusieurs fractures de fragilité.
En France, l’ostéodensitométrie est remboursée par l’Assurance maladie — à hauteur de 70 % du tarif conventionnel d’environ 40 euros — dans des indications précises : femme ménopausée présentant un facteur de risque (fracture antérieure, corticothérapie au long cours, antécédents familiaux de fracture du col du fémur, faible IMC, ménopause précoce avant 40 ans, immobilisation prolongée) ; homme de plus de 50 ans avec facteur de risque identique ; tout patient traité par corticoïdes à forte dose. Un seul examen est remboursé tous les trois ans pour les situations à risque modéré. Cet examen ne doit pas être confondu avec la radiographie osseuse standard, qui ne détecte l’ostéoporose qu’à un stade très avancé.
Pour les femmes en période de périménopause ou ménopausées, il est important de discuter du dépistage lors du suivi gynécologique habituel. Le lien entre déclin hormonal et fragilité osseuse est abordé en détail dans notre article sur la ménopause et les traitements hormonaux.
Le rôle du calcium et de la vitamine D dans la prévention
Le calcium et la vitamine D sont les deux nutriments fondamentaux de la santé osseuse, et leurs apports insuffisants figurent parmi les principales causes évitables d’ostéoporose. Le calcium est le minéral constitutif principal du tissu osseux : l’os contient 99 % du calcium total de l’organisme, qui y est stocké sous forme d’hydroxyapatite. En dessous d’un certain seuil d’apport alimentaire, l’organisme puise dans ses réserves osseuses pour maintenir la calcémie sanguine, ce qui fragilise progressivement le squelette.
Les recommandations de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) fixent les apports satisfaisants en calcium à 1 000 mg par jour pour les adultes de 25 à 50 ans, et à 1 200 mg par jour pour les femmes après 50 ans et les hommes après 65 ans. Or, les enquêtes nutritionnelles nationales montrent qu’une majorité d’adultes de plus de 55 ans ne couvre pas ces besoins. Les meilleures sources alimentaires restent les produits laitiers (lait, yaourt, fromage à pâte cuite), les sardines et anchois en conserve avec les arêtes, le tofu enrichi en calcium, les amandes, certains légumes verts (brocoli, chou kale) et les eaux minérales riches en calcium (plus de 300 mg/L).
La vitamine D est indispensable à l’absorption intestinale du calcium et à la minéralisation osseuse. Elle est synthétisée principalement par la peau sous l’effet des ultraviolets solaires, et apportée de manière accessoire par l’alimentation (poissons gras comme le saumon, le maquereau, la sardine ; jaune d’œuf ; foie). La HAS recommande un apport de 800 à 1 000 UI (unités internationales) par jour chez les personnes de plus de 65 ans, et une supplémentation systématique est souvent nécessaire en France, surtout en hiver. Des études randomisées ont montré qu’une supplémentation combinée calcium-vitamine D réduit le risque de fracture de hanche d’environ 20 % chez les sujets institutionnalisés ou carencés.

Les médicaments antiostéoporotiques : bisphosphonates, dénosumab
Lorsque le diagnostic d’ostéoporose est posé, ou lorsque le risque fracturaire est jugé suffisamment élevé (selon le score FRAX, outil de calcul du risque fracturaire à dix ans recommandé par la HAS), un traitement médicamenteux antiostéoporotique est instauré en complément des mesures hygiéno-diététiques.
Les bisphosphonates constituent le traitement de première intention. Ils agissent en inhibant les ostéoclastes, réduisant ainsi la résorption osseuse. Les deux molécules les plus prescrites sont l’alendronate (Fosamax et génériques, 70 mg par semaine per os) et le risédronate (Actonel et génériques, 35 mg par semaine ou 75 mg deux jours consécutifs par mois). Ces médicaments sont remboursés par l’Assurance maladie à 65 % en prise en charge standard. Les études cliniques de grande envergure ont démontré une réduction du risque de fractures vertébrales de 40 à 50 % et du risque de fracture de hanche de 25 à 40 % sous bisphosphonates. La principale contrainte de prise est la nécessité d’avaler le comprimé à jeun avec un grand verre d’eau, en restant debout trente minutes, pour prévenir les œsophagites. Les génériques disponibles depuis 2006 rendent ces traitements très accessibles financièrement. Retrouvez les conditions de remboursement des médicaments génériques dans notre guide médicaments génériques remboursés en 2026.
Le dénosumab (Prolia), anticorps monoclonal anti-RANKL, représente une alternative de deuxième ligne ou pour les patients intolérants ou contre-indiqués aux bisphosphonates (insuffisance rénale sévère, antécédents d’œsophagite). Il s’administre en injection sous-cutanée tous les six mois par le médecin ou l’infirmière. Son efficacité sur la réduction des fractures vertébrales et de hanche est comparable, voire supérieure à celle des bisphosphonates. Il est remboursé à 65 % (ou 100 % en ALD) dans les indications validées par la HAS. Attention : l’arrêt du dénosumab sans relais par un bisphosphonate peut provoquer un rebond rapide et sévère de la perte osseuse avec risque de fractures multiples vertébrales — une particularité pharmacologique à ne jamais négliger.
D’autres classes thérapeutiques existent pour des cas particuliers : le tériparatide (Forsteo), analogue de la parathormone, est réservé aux ostéoporoses sévères avec fractures multiples ; le romosozumab, anticorps anti-sclérostine, est indiqué dans les ostéoporoses très sévères à haut risque fracturaire immédiat.
Prévention des chutes chez les seniors : kinésithérapie et exercice physique
La prévention des chutes est un pilier fondamental de la lutte contre les fractures ostéoporotiques, car la grande majorité des fractures du col du fémur et du poignet surviennent à la suite d’une chute. En France, chaque année, 30 % des personnes de plus de 65 ans et 50 % de celles de plus de 85 ans chutent au moins une fois. Un tiers de ces chutes entraîne une blessure, et dix pour cent une fracture.
L’activité physique adaptée est l’intervention dont le niveau de preuve est le plus élevé pour prévenir les chutes. Les programmes combinant renforcement musculaire des membres inférieurs, travail de l’équilibre et de la proprioception ont démontré une réduction de l’incidence des chutes de 25 à 35 %. Le tai-chi, en particulier, fait l’objet de nombreuses études randomisées positives : pratiqué deux à trois fois par semaine, il améliore l’équilibre dynamique et réduit significativement le nombre et la gravité des chutes chez les seniors. La marche nordique, la natation et la gymnastique douce sont également recommandées.
La kinésithérapie joue un rôle central, notamment après une fracture ou chez les patients présentant une fragilité musculaire (sarcopénie). Sur prescription médicale, les séances sont remboursées à 60 % par l’Assurance maladie. Le kinésithérapeute évalue les troubles de l’équilibre et propose un programme personnalisé de rééducation proprioceptive. Un bilan de chutes — comprenant l’analyse des antécédents, des médicaments susceptibles d’augmenter le risque (psychotropes, hypotenseurs, diurétiques) et un test de l’équilibre comme le Timed Up and Go — doit être réalisé par le médecin traitant pour tous les patients ayant chuté.
L’aménagement du domicile est une mesure complémentaire souvent sous-estimée : retrait des tapis glissants, installation de barres d’appui dans la salle de bains et les toilettes, éclairage nocturne suffisant dans les couloirs, chaussures adaptées à semelles antidérapantes. Ces actions simples réduisent mécaniquement le nombre de chutes à domicile, où survient plus de la moitié des accidents. Pour évaluer l’ensemble de vos facteurs de risque en amont, le bilan de santé à 40 ans propose un cadre pratique de prévention globale.

Fractures ostéoporotiques : hanche, vertèbre, poignet — impact et chirurgie
Les fractures de fragilité — survenant pour un traumatisme mineur, inférieur à la chute de sa propre hauteur — sont la manifestation clinique la plus grave de l’ostéoporose. Elles concernent principalement trois sites anatomiques, avec des pronostics très différents.
La fracture de l’extrémité supérieure du fémur (fracture du col du fémur ou fracture trochantérienne) est la plus redoutée. Elle touche chaque année 70 000 personnes en France, dont les deux tiers sont des femmes de plus de 75 ans. Sa gravité est considérable : la mortalité à un an atteint 20 à 25 %, principalement du fait des complications de l’alitement (embolie pulmonaire, pneumonie, escarre) et de la perte d’autonomie brutale. Le traitement chirurgical — vissage, mise en place d’une prothèse de hanche partielle ou totale — est réalisé en urgence dans les 24 à 48 heures suivant la fracture. La rééducation intensive en centre de soins de suite est ensuite indispensable pour récupérer la marche et l’autonomie.
Les fractures vertébrales ostéoporotiques (tassements vertébraux) sont encore plus fréquentes, avec plus de 100 000 cas symptomatiques par an, mais beaucoup restent méconnues car asymptomatiques au moment de leur survenue. Elles se manifestent typiquement par une douleur dorsale ou lombaire aiguë, souvent spontanée ou déclenchée par un effort minime. À terme, les tassements multiples entraînent une déformation progressive du rachis en cyphose (« dos voûté »), une réduction de la taille et des difficultés respiratoires par compression thoracique. La vertébroplastie ou la kyphoplastie (injection de ciment chirurgical dans la vertèbre fracturée) peut être proposée dans certains cas résistant aux antalgiques. La CNAM évalue le coût économique total des fractures vertébrales à plusieurs centaines de millions d’euros par an.
La fracture du poignet (fracture de Pouteau-Colles), survenant typiquement lors d’une chute sur la main tendue chez une femme entre 55 et 65 ans, est souvent le signe précurseur d’une ostéoporose non diagnostiquée. Elle nécessite une immobilisation plâtrée de quatre à six semaines et laisse parfois des séquelles douloureuses ou fonctionnelles. En 2026, les recommandations de la HAS insistent sur le fait que toute fracture à partir de 50 ans sans traumatisme sévère doit déclencher automatiquement une ostéodensitométrie et un bilan fracturaire complet.
Alimentation et ostéoporose : sources alimentaires de calcium et vitamine D
L’alimentation joue un rôle préventif essentiel tout au long de la vie, mais elle est particulièrement déterminante après 50 ans. Une alimentation équilibrée, riche en nutriments utiles à la santé osseuse, peut contribuer à retarder la progression de l’ostéopénie vers l’ostéoporose et à réduire l’incidence des fractures.
Pour atteindre l’objectif de 1 200 mg de calcium quotidien après 50 ans, il est conseillé de consommer trois à quatre portions de produits laitiers par jour : un verre de lait demi-écrémé apporte environ 300 mg de calcium, un yaourt nature 180 mg, 30 g de fromage à pâte dure comme l’emmental 300 à 400 mg. Pour les personnes qui ne consomment pas de produits laitiers (intolérance au lactose, régime végétalien), les alternatives sont les boissons végétales enrichies en calcium, les sardines et maquereaux en conserve avec les arêtes (250 mg pour 100 g), le tofu ferme enrichi, le chou kale (150 mg pour 100 g cuit), les amandes (75 mg pour 30 g), les graines de chia et les eaux minérales très calciques comme Hépar (549 mg/L) ou Contrex (486 mg/L).
Pour la vitamine D, les sources alimentaires restent limitées : les poissons gras (saumon, thon, hareng, maquereau) apportent 200 à 600 UI pour 100 g selon les espèces, le jaune d’œuf et les abats (foie) des apports plus modestes. L’exposition solaire quotidienne (quinze à vingt minutes, avant bras et jambes exposés, hors plages horaires de chaleur intense) reste la source principale chez les sujets jeunes actifs. Pour les personnes âgées à mobilité réduite, souvent peu exposées au soleil, une supplémentation médicamenteuse est quasi systématiquement nécessaire.
Le régime méditerranéen — riche en légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, huile d’olive, poissons et pauvre en viandes transformées et en graisses saturées — est reconnu par l’INSERM comme protecteur pour la santé osseuse, indépendamment des apports en calcium et vitamine D. Son effet anti-inflammatoire global et sa richesse en micronutriments (magnésium, vitamine K2, polyphénols) sont bénéfiques pour le métabolisme osseux. Un accompagnement nutritionnel adapté peut être proposé aux seniors fragilisés. Pour en savoir plus sur l’accompagnement des parents âgés face à l’ostéoporose au quotidien, famillesdurables.fr propose des ressources pratiques sur la nutrition et la prévention familiale.
Remboursement : ostéodensitométrie, médicaments, kinésithérapie
Comprendre les conditions de prise en charge permet aux patients et à leurs proches d’accéder aux soins sans renoncement pour raisons financières. En matière d’ostéoporose, plusieurs actes et traitements bénéficient d’un remboursement de l’Assurance maladie, parfois majoré en cas d’affection longue durée (ALD).
L’ostéodensitométrie DXA est remboursée à 70 % du tarif de base (environ 40 euros) sur prescription médicale, dans les indications validées par la HAS. Ces indications comprennent notamment la femme ménopausée avec au moins un facteur de risque, les personnes sous corticothérapie prolongée, et tout patient ayant présenté une fracture de fragilité. Une densitométrie de contrôle est remboursée tous les trois ans, ou après deux à cinq ans si un traitement antiostéoporotique a été initié (pour évaluer l’efficacité). En dehors des indications reconnues, l’examen reste à la charge du patient.
Les bisphosphonates génériques (alendronate, risédronate) sont remboursés à 65 % en pharmacie de ville. En cas d’ALD (ostéoporose sévère avec fractures multiples ou pathologie associée ouvrant droit à l’ALD), le taux de remboursement peut atteindre 100 %. Le dénosumab (Prolia) est remboursé à 65 % dans les indications HAS. La supplémentation en calcium et vitamine D sous forme médicamenteuse est remboursée à 65 % sur ordonnance.
La kinésithérapie prescrite pour la rééducation post-fracture ou pour la prévention des chutes est prise en charge à 60 % par l’Assurance maladie, avec un éventuel complément de la mutuelle. Les séances doivent faire l’objet d’une ordonnance médicale renouvelable. En cas d’hospitalisation après fracture de hanche, le séjour en soins de suite et de rééducation (SSR) est remboursé intégralement pour les patients à 100 % (ALD ou accident ayant causé l’hospitalisation). Pour optimiser le remboursement des produits de santé courants, notre guide sur la nutrition des seniors et le calcium est disponible sur toutchat.fr.
Ostéoporose chez l’homme : moins connue, tout aussi sérieuse
L’ostéoporose masculine est fréquemment méconnue, aussi bien des patients que des médecins, alors qu’elle est responsable d’une morbidité et d’une mortalité importantes. On estime qu’environ un tiers des fractures de hanche en France concerne des hommes, et que la mortalité à un an après fracture de hanche est plus élevée chez l’homme que chez la femme : 30 % contre 20 % selon les données de la CNAM. Pourtant, le dépistage systématique reste largement insuffisant chez les hommes de plus de 70 ans.
Les facteurs de risque spécifiques à l’homme incluent l’hypogonadisme (déficit en testostérone lié à l’âge ou iatrogène, par exemple lors d’une hormonothérapie pour cancer de la prostate), la consommation excessive et chronique d’alcool, la corticothérapie au long cours, et les maladies associées comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), les maladies inflammatoires intestinales ou l’insuffisance rénale chronique. L’ostéoporose masculine est secondaire à une autre cause dans environ 40 à 60 % des cas, d’où l’importance d’un bilan étiologique complet.
Le diagnostic et le traitement sont identiques à ceux de la femme : ostéodensitométrie DXA avec score T, évaluation du risque FRAX, bisphosphonates ou dénosumab en première et deuxième intention. Le tériparatide est également disponible pour les formes sévères. Le sous-diagnostic chez l’homme est d’autant plus préjudiciable que la première fracture survient souvent directement au niveau de la hanche, sans fracture sentinelle préalable du poignet comme c’est le cas chez la femme. Une sensibilisation accrue des médecins généralistes au dépistage masculin est un enjeu majeur des recommandations 2024 de la HAS.
Pour les patients souffrant de pathologies rhumatologiques associées — fréquentes chez les seniors ostéoporotiques — notre article sur l’arthrose et la rhumatologie seniors apporte des éclairages complémentaires sur la prise en charge globale du patient âgé fragilisé.