Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est l’une des pathologies chroniques les plus sous-diagnostiquées en France. Selon les estimations conjointes de la Société de pneumologie de langue française et de la HAS, près de 2 millions de Français bénéficient aujourd’hui d’un traitement par pression positive continue, mais la prévalence réelle approcherait 5 à 6 millions de personnes — soit deux à trois patients sur trois encore non identifiés. Les conséquences cardiovasculaires, métaboliques et cognitives d’une apnée non traitée sont aujourd’hui bien documentées et justifient une mobilisation médicale renforcée.
Pour faire le point sur les avancées 2026, les outils diagnostiques modernes et la réalité quotidienne du traitement par PPC, nous avons rencontré le Dr Antoine Vasseur, pneumologue au centre hospitalier universitaire de Reims, où il dirige depuis 18 ans une unité de troubles respiratoires du sommeil.
Spécialiste des troubles respiratoires du sommeil depuis 18 ans, le Dr Vasseur coordonne une unité hospitalière dédiée au diagnostic et au suivi des patients atteints de SAHOS. Il assure des consultations dédiées à l'initiation de la PPC, à l'éducation thérapeutique et à la coordination avec les ORL pour les prises en charge complexes.
Ronflement, hypopnée, apnée : quelle est la différence ?
Hélène : On entend souvent confondre ronflement simple et apnée du sommeil. Pouvez-vous nous expliquer ce qui distingue précisément les trois situations ?
Antoine : C'est une distinction fondamentale qui conditionne toute la prise en charge. Le ronflement simple correspond à une vibration des tissus mous du pharynx au passage de l'air, sans réduction significative du flux respiratoire ni baisse de saturation en oxygène. C'est gênant pour le conjoint mais souvent sans conséquence pour la santé du ronfleur lui-même, à condition qu'il n'évolue pas vers les deux autres formes.L’hypopnée correspond à une réduction du flux respiratoire d’au moins 30 % pendant au moins 10 secondes, associée à une chute de saturation d’au moins 3 % ou à un micro-éveil. Le tissu pharyngé se collabe partiellement mais une partie du flux passe encore.
L’apnée, à proprement parler, est l’arrêt complet du flux respiratoire pendant au moins 10 secondes, avec persistance des mouvements thoraco-abdominaux qui témoignent de l’effort respiratoire. C’est cette obstruction complète, suivie d’un effort de reprise et d’un micro-éveil cortical, qui produit la fragmentation du sommeil et les conséquences métaboliques. La sévérité du syndrome se mesure à l’index d’apnées-hypopnées (IAH), c’est-à-dire le nombre d’événements par heure de sommeil. Au-delà de 30, on parle de syndrome sévère.
Les signes qui doivent vraiment alerter
Hélène : Beaucoup de patients arrivent en consultation très tard, après des années de symptômes. Quels signaux d'alarme devraient inciter à consulter plus tôt ?
Antoine : Trois grandes familles de symptômes doivent alerter. D'abord, les manifestations nocturnes : ronflement bruyant et permanent, pauses respiratoires témoignées par le conjoint, réveils brusques avec sensation d'étouffement, sueurs nocturnes, nycturie (le fait de devoir uriner plusieurs fois par nuit sans cause urologique).Ensuite, les manifestations matinales : céphalées au réveil — typiquement frontales et qui s’atténuent dans la première heure — bouche sèche, fatigue déjà présente avant même de se lever.
Enfin, les manifestations diurnes, souvent les plus invalidantes : somnolence excessive avec endormissements involontaires dans des situations passives (lecture, télévision, réunion, et le plus dangereux, au volant), difficultés de concentration, troubles de la mémoire à court terme, irritabilité, baisse de libido. C’est très souvent l’entourage qui pousse à consulter, parce que le patient s’habitue à son état.
Chez les hommes après 50 ans avec un surpoids modéré, l’association ronflement-somnolence diurne doit faire évoquer le diagnostic en première intention. Chez les femmes ménopausées, le tableau peut être plus atypique avec une prédominance d’insomnie et de symptômes anxieux, ce qui retarde fréquemment le diagnostic — il convient alors de bien différencier l’apnée d’une insomnie chronique et de ses traitements 2026 qui suivent une logique thérapeutique distincte. Pour explorer le retentissement systémique et préventif d’autres pathologies chroniques fréquentes, notre dossier sur les 15 bilans essentiels après 40 ans propose un panorama utile.
Comment se passe concrètement une polysomnographie ?
Hélène : Le terme polysomnographie effraie souvent les patients. Pouvez-vous nous décrire concrètement comment se déroule l'examen ?
Antoine : Il existe deux examens possibles. La polygraphie ventilatoire ambulatoire est l'examen de première intention dans la majorité des cas suspects. Le patient vient récupérer le matériel en hôpital de jour ou chez un prestataire agréé, on lui explique comment poser les capteurs en fin de journée à son domicile : sangles thoracique et abdominale, capteur de flux nasal (lunettes), saturomètre au doigt, parfois un microphone pour le ronflement. Le patient passe une nuit normale chez lui, ramène le matériel le lendemain, et le tracé est analysé par un médecin du sommeil.La polysomnographie complète ajoute l’enregistrement de l’électroencéphalogramme, de l’électrocardiogramme et de l’électromyogramme oculaire et mentonnier. Elle se déroule typiquement en laboratoire du sommeil hospitalier sur une nuit. Elle est indiquée en deuxième intention si la polygraphie est ininterprétable ou si l’on suspecte un trouble du sommeil associé comme une narcolepsie ou un syndrome des jambes sans repos.
Les deux examens sont remboursés par la Sécurité sociale sur prescription médicale. La polygraphie ambulatoire est aujourd’hui largement majoritaire — environ 80 % des diagnostics — parce qu’elle est plus rapide à organiser, mieux acceptée par les patients et tout à fait fiable pour la grande majorité des SAHOS classiques.

La PPC en pratique : les premiers jours, le masque, les fuites
Hélène : La pression positive continue inquiète beaucoup de patients. Comment se passent concrètement les premiers jours d'utilisation ?
Antoine : Les premiers jours sont déterminants pour la suite. L'appareil est livré par le prestataire à domicile avec une démonstration personnalisée. Le masque, choisi avec le patient parmi trois grandes catégories — nasal, narinaire ou facial — doit être confortable et ne pas fuir. La pression est généralement réglée en mode auto-piloté, c'est-à-dire que l'appareil adapte automatiquement la pression au cours de la nuit selon les besoins.Les premières nuits, les sensations sont déroutantes : impression de souffle au visage, bouche sèche, sécheresse oculaire si fuite vers les yeux, parfois sensation de claustrophobie. La majorité des patients s’habituent en une à trois semaines avec quelques ajustements : changement de masque, ajout d’un humidificateur chauffant, ajustement progressif de la pression.
L’observance est suivie par télémonitoring : le prestataire et le médecin reçoivent quotidiennement les données d’utilisation. Un usage inférieur à trois heures par nuit en moyenne sur 28 jours consécutifs peut entraîner la suspension du remboursement. C’est strict mais cela permet de réagir vite avec un changement de masque ou un accompagnement renforcé en cas de difficulté.
Les bénéfices ressentis arrivent souvent en deux à quatre semaines : sommeil plus réparateur, disparition des céphalées matinales, énergie diurne retrouvée. Les patients qui passent le cap des trois premiers mois conservent leur traitement à plus de 80 %.
Orthèse d’avancée mandibulaire : pour qui, dans quelles conditions ?
Hélène : Tous les patients n'ont pas envie de dormir avec un masque. Quelle est la place de l'orthèse d'avancée mandibulaire ?
Antoine : L'orthèse d'avancée mandibulaire (OAM) est une alternative validée dans certaines situations précises. Il s'agit d'un dispositif intra-oral, fabriqué sur mesure par un chirurgien-dentiste formé, qui maintient la mâchoire inférieure légèrement avancée pendant le sommeil, ce qui libère le pharynx postérieur.Les indications sont précises : SAHOS modéré (IAH entre 15 et 30) chez un patient ne tolérant pas ou refusant la PPC, ou en première intention dans certains SAHOS légers à modérés sans somnolence majeure. L’OAM est moins efficace que la PPC sur l’IAH (réduction de 50 à 70 % contre 95 % pour la PPC bien observée), mais l’observance est généralement meilleure parce que le dispositif est plus discret.
Les contre-indications dentaires (parodontite avancée, troubles temporo-mandibulaires) doivent être éliminées par un bilan dentaire préalable. Le coût varie de 1 200 à 2 000 € avec un remboursement partiel par la Sécurité sociale dans certaines situations validées, et un complément possible par les mutuelles haut de gamme. Le suivi par polygraphie sous orthèse est obligatoire pour vérifier l’efficacité.
La chirurgie ORL : indications limitées mais utiles
Hélène : Que penser des chirurgies ORL parfois proposées pour traiter l'apnée du sommeil ?
Antoine : Il faut être très nuancé. La chirurgie traditionnelle d'uvulopalatopharyngoplastie (UPPP), qui consistait à retirer la luette et une partie du voile du palais, a montré des résultats globalement décevants sur le long terme et n'est plus recommandée en première intention chez l'adulte.En revanche, plusieurs indications chirurgicales spécifiques sont parfaitement validées. L’amygdalectomie chez l’enfant avec hypertrophie amygdalienne marquée donne des résultats excellents — c’est le traitement de première intention chez l’enfant. Chez l’adulte avec une rétrognathie sévère (mâchoire inférieure reculée), une chirurgie d’avancée maxillo-mandibulaire peut être discutée par une équipe expérimentée, avec des résultats comparables à la PPC mais une procédure lourde.
Plus récemment, la stimulation du nerf hypoglosse (Inspire) est apparue comme une option pour des patients très sélectionnés, intolérants à la PPC et à l’OAM, avec un SAHOS modéré à sévère. Il s’agit d’un implant sous-cutané activé la nuit qui stimule la langue pour qu’elle reste tonique. Le dispositif est validé dans plusieurs centres français mais le remboursement reste partiel et la sélection des candidats est stricte.
Le lien apnée — hypertension — risque cardiovasculaire
Hélène : Pourquoi insiste-t-on autant sur le lien entre apnée du sommeil et risque cardiovasculaire ?
Antoine : Parce que c'est devenu l'un des arguments les plus forts pour identifier et traiter les patients. Chaque apnée provoque une chute brève de la saturation en oxygène et un effort respiratoire intense qui sollicite massivement le système nerveux autonome. Multipliés des dizaines de fois par heure, sept ou huit heures par nuit, ces stress cardiovasculaires créent un terrain inflammatoire chronique et une hyperactivité sympathique qui finissent par retentir sur la santé vasculaire.Concrètement, le risque d’hypertension artérielle est multiplié par 2 à 3 chez les apnéiques non traités. Une partie significative des hypertensions résistantes au traitement médicamenteux est liée à un SAHOS méconnu. Le risque d’infarctus du myocarde est multiplié par 2, celui d’AVC ischémique par 2,5. La fibrillation auriculaire — trouble du rythme fréquent après 60 ans — est nettement plus prévalente chez les apnéiques. Et les morts subites nocturnes sont surreprésentées dans cette population.
Le traitement par PPC bien observé réduit significativement ces risques, comme l’a confirmé l’étude espagnole publiée dans le New England Journal of Medicine sur l’effet de la PPC chez les hypertendus résistants. C’est pourquoi tout dépistage d’hypertension résistante ou d’arythmie inexpliquée chez un homme après 50 ans en surpoids doit faire évoquer le diagnostic.

Apnée, prise de poids, métabolisme : un cercle vicieux
Hélène : Quel est le lien entre apnée et surpoids ? Pourquoi parle-t-on de cercle vicieux ?
Antoine : Le lien est bidirectionnel et c'est exactement ce qui en fait la difficulté thérapeutique. L'obésité, en particulier abdominale et cervicale, est le principal facteur de risque modifiable de l'apnée du sommeil : les dépôts graisseux périphar yngés rétrécissent l'espace respiratoire et le pharynx se collabe plus facilement pendant le sommeil.Mais l’apnée elle-même favorise la prise de poids et le déséquilibre métabolique. Les micro-éveils répétés perturbent la sécrétion hormonale nocturne — leptine, ghréline, cortisol — ce qui dérègle les sensations de faim et de satiété. La somnolence diurne limite l’activité physique. Le sommeil fragmenté altère la sensibilité à l’insuline et favorise le diabète de type 2. Beaucoup de patients constatent qu’ils ont pris 5 à 10 kg dans les deux à trois années précédant le diagnostic, sans changement majeur de leurs habitudes apparentes.
Le traitement par PPC, en restaurant un sommeil de qualité, permet souvent de reprendre une activité physique et de retrouver une régulation alimentaire normale. Mais la PPC seule ne fait pas maigrir. La perte de poids, lorsqu’elle est possible, reste un objectif majeur et complémentaire : 10 % de perte de poids peut réduire l’IAH de 30 à 50 % chez les patients en obésité. Pour aller plus loin sur les leviers alimentaires durables et anti-inflammatoires, notre dossier nutrition anti-inflammatoire pour l’adulte propose des repères pratiques validés scientifiquement.
Vivre avec une PPC : voyage, intimité, hygiène
Hélène : Qu'en est-il des aspects quotidiens : voyage, vie de couple, entretien du matériel ?
Antoine : Ce sont des questions très concrètes qui préoccupent beaucoup les patients. Pour le voyage, les appareils PPC modernes sont compacts et certifiés pour les avions long-courriers. L'appareil compte comme un bagage médical et n'est pas inclus dans le quota cabine. Une lettre médicale en anglais peut faciliter les contrôles. Pour les longs séjours, les batteries externes adaptées permettent d'utiliser la PPC en bivouac ou en zone sans électricité.Pour la vie de couple, l’adaptation prend en général quelques semaines. Beaucoup de couples constatent une amélioration immédiate du sommeil du conjoint qui ne subit plus les ronflements et les pauses. La sexualité est parfois temporairement perturbée par la gêne psychologique du masque, mais il suffit d’un peu de communication et d’humour pour passer ce cap. Le retour de l’énergie diurne et la disparition de la somnolence améliorent au contraire la qualité de la vie intime à moyen terme. Sur l’accompagnement plus large des transformations de la vie familiale et la communication intra-couple face à une maladie chronique, nos confrères du magazine familles durables proposent de nombreuses ressources pratiques.
Pour l’hygiène, le masque doit être nettoyé quotidiennement à l’eau tiède et au savon doux, et désinfecté hebdomadairement. Les filtres de l’appareil se changent tous les mois selon les recommandations du fabricant. Le prestataire renouvelle masque et tuyaux selon un calendrier fixé par la Sécurité sociale. C’est routinier après quelques semaines.
Le suivi médical comprend une consultation à 3 mois puis une fois par an chez le pneumologue, et un point régulier avec le prestataire technique.
Ce qui change après six mois de traitement
Hélène : Quel bilan tirez-vous des patients que vous revoyez après six mois de PPC bien observée ?
Antoine : Le changement est souvent spectaculaire et c'est ce qui donne du sens à notre métier. La majorité des patients me disent qu'ils n'ont pas dormi aussi bien depuis dix ou quinze ans. La somnolence diurne disparaît dans les premières semaines, ce qui transforme la qualité du travail, des relations familiales, de la conduite automobile.Sur le plan cardiovasculaire, l’hypertension artérielle s’améliore chez environ 30 à 40 % des patients, parfois suffisamment pour réduire la posologie des antihypertenseurs. Les épisodes de fibrillation auriculaire s’espacent dans plusieurs études.
Sur le plan métabolique, la sensibilité à l’insuline s’améliore, ce qui se traduit chez les patients diabétiques par une baisse de l’hémoglobine glyquée. La perte de poids est rendue possible par la reprise d’activité physique et la régulation des sensations alimentaires.
Sur le plan cognitif, la mémoire, la concentration et la capacité de planification reviennent progressivement. Pour les patients qui avaient consulté pour suspicion de début de troubles cognitifs, c’est un soulagement immense. Sur le plan professionnel, la disparition de la somnolence diurne et l’amélioration de la concentration justifient un rapprochement avec la médecine du travail — notre hub santé au travail détaille les aménagements possibles et la prévention des arrêts longs.
Le seul point d’attention reste l’observance dans la durée. À 5 ans, environ 60 à 70 % des patients utilisent encore leur PPC plus de 4 heures par nuit. Notre rôle est d’accompagner ces patients dans la durée pour qu’ils ne décrochent pas. Un sommeil fragmenté est aussi un terreau d’autres troubles, et l’analogie avec les approches éclairant le lien entre sommeil, rythmes circadiens et santé mentale, explorée par nos confrères, montre bien que la qualité du sommeil est un pilier transversal.
Questions rapides — idées reçues à déconstruire
« Seuls les hommes en surpoids font de l’apnée du sommeil. » Faux. Les femmes ménopausées, les patients minces avec une anatomie défavorable, certains profils anatomiques particuliers (rétrognathie, hypertrophie de la base de langue) sont concernés. Le surpoids reste un facteur de risque majeur mais n’est ni nécessaire ni suffisant.
« Une chirurgie résout définitivement l’apnée. » Faux dans la majorité des cas. La chirurgie pharyngée traditionnelle (UPPP) a des résultats décevants à long terme. Certaines indications très sélectives — amygdalectomie pédiatrique, chirurgie d’avancée maxillo-mandibulaire — donnent d’excellents résultats mais ne concernent qu’une minorité de patients adultes.
« La PPC va m’empêcher de dormir, pas l’inverse. » Faux. C’est une crainte fréquente avant le démarrage. La très grande majorité des patients constatent au contraire un sommeil plus profond et plus réparateur dès les premières semaines, une fois passée la phase d’adaptation.
« Ronfler n’est pas grave. » Variable. Le ronflement simple isolé peut être bénin, mais le ronflement bruyant et continu avec témoignage de pauses respiratoires impose un dépistage. Mieux vaut une polygraphie négative qu’un SAHOS méconnu pendant dix ans.
« Les somnifères aident en cas d’insomnie liée à l’apnée. » Faux et dangereux. Les benzodiazépines aggravent l’apnée en réduisant le tonus pharyngé et en émoussant les micro-éveils protecteurs. Elles sont contre-indiquées en cas de SAHOS connu ou suspecté.
« Dormir sur le côté suffit. » Variable. Pour les apnées strictement positionnelles (qui surviennent uniquement en décubitus dorsal), maintenir la position latérale par des dispositifs dédiés peut effectivement suffire. Mais cela ne concerne qu’une minorité de patients et nécessite confirmation par polygraphie positionnelle.
« L’apnée du sommeil disparaît avec l’âge. » Faux. La prévalence augmente au contraire avec l’âge et la persistance de l’obésité. Le traitement reste pertinent à tout âge tant qu’il améliore le confort et réduit les risques.
Conclusion : les trois choses à retenir
Le Dr Vasseur insiste, en conclusion de cet entretien, sur trois messages essentiels.
Premier message : suspecter le diagnostic. Le SAHOS reste massivement sous-diagnostiqué en France. Tout ronflement bruyant et continu, toute somnolence diurne inexpliquée, toute hypertension résistante ou fibrillation auriculaire après 50 ans doit faire évoquer le syndrome. Une polygraphie ambulatoire est facile à organiser et bien remboursée.
Deuxième message : se laisser une chance d’adaptation à la PPC. Les premières semaines sont parfois éprouvantes mais l’amélioration ressentie passé ce cap justifie l’effort. Les prestataires, les médecins du sommeil et les associations de patients sont là pour accompagner chaque difficulté technique.
Troisième message : traiter l’apnée, c’est aussi traiter le risque cardiovasculaire et métabolique global. La PPC n’est pas qu’un confort, c’est une mesure de prévention cardiovasculaire de premier plan. Combinée à une perte de poids quand elle est possible et à un mode de vie actif, elle transforme durablement la trajectoire de santé de millions de Français.
Sources et références
- HAS, recommandations sur la prise en charge du syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil de l’adulte (2014, actualisation 2023)
- Société de pneumologie de langue française, guidelines SAHOS adulte (édition 2022)
- American Academy of Sleep Medicine, Clinical Practice Guideline for the Treatment of Adult Obstructive Sleep Apnea (2019)
- Inserm, dossier d’information apnée du sommeil (2023)
- Fédération française de pneumologie, ressources patients PPC et orthèse mandibulaire
- Étude espagnole HIPARCO publiée dans NEJM sur PPC et hypertension résistante (2013)
- Étude SAVE publiée dans NEJM sur PPC et prévention cardiovasculaire secondaire (2016, analyse post-hoc 2022)